Hantavirus : symptômes, transmission, traitement et point sur l’actualité
Publié le 11 mai 2026 Mis à jour le par Tristan Chevrier
Le hantavirus revient dans l’actualité après un cluster récemment signalé par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) à bord du navire MV Hondius. Sans céder à l’alarmisme, l’OMS rappelle qu’il s’agit d’une zoonose virale à surveiller étroitement. La contamination humaine a surtout lieu par inhalation d’aérosols issus des urines, selles ou salive de rongeurs infectés. On fait le point avec l’équipe médicale de Feeli.
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- Qu’est-ce que l’hantavirus ?
- Hantavirus en France : souches, zones à risque et surveillance
- Comment se transmet le hantavirus ?
- Peut-on attraper le hantavirus auprès d’une personne malade ?
- Quels sont les symptômes de l’hantavirus ?
- Existe-t-il un traitement, un vaccin ou un test contre l’hantavirus ?
- Comment soigner l’hantavirus ?
Qu’est-ce que l’hantavirus ?
Définition simple du hantavirus
Les hantavirus sont des virus zoonotiques transmis naturellement par les rongeurs à l’être humain. Le plus souvent, la contamination est causée par l’inhalation de particules contaminées issues de l’urine, des déjections ou de la salive de rongeurs infectés, notamment dans des lieux clos ou mal ventilés.
Selon la zone géographique et la souche, il peut entraîner une fièvre hémorragique à syndrome rénal (FHSR) en Europe et en Asie, ou un syndrome cardiopulmonaire en Amérique. Plusieurs types d’hantavirus ont été isolés chez l’être humain, dont :
- En Europe (virus Puumala) et Asie (virus Hantaan et Séoul) : ces hantavirus sont communément dits « de l’Ancien Monde ». Ils entraînent des fièvres hémorragiques à syndrome rénal.
- En Amérique du Nord, centrale et du Sud : ces hantavirus dits « du Nouveau Monde » (virus Sin nombre) ont été décrits pour la première fois en 1993. Ils sont responsables de syndromes cardiopulmonaires à Hantavirus.
Ces deux grands tableaux cliniques (FHSR et syndrome cardiopulmonaire) sont à distinguer. De plus, la gravité dépend de la souche virale et du contexte géographique : certaines formes entraînent un syndrome fébrile non spécifique, quand d’autres provoquent des atteintes rénales ou respiratoires sévères. En cas de besoin, consultez facilement un médecin généraliste sur Feeli disponible en moins de 2 heures.
Pourquoi l’hantavirus est-il d’actualité ?
L’hantavirus fait l’objet d’une attention particulière en raison d’un cluster de cas lié au navire de croisière MV Hondius. Signalé par l’OMS début mai 2026, l’organisation indique à ce stade huit cas, dont trois décès, tout en précisant que le risque pour la population générale est faible.
Ce signal épidémiologique permet surtout de mettre en lumière la cause de ce cluster : le virus des Andes est à ce jour le seul hantavirus connu pour une transmission limitée de l’animal à l’homme, dans des circonstances de contacts étroits et prolongés. Autrement dit, cet événement sanitaire doit être pris au sérieux, mais il ne s’agit pas d’une « épidémie mondiale » au sens large.
Enfin, la page de Santé Publique France sur les hantavirus rappelle qu’ils circulent sur le territoire français, avec une surveillance active. Ils sont responsables d’infections humaines liées au contact avec des rongeurs, notamment dans certains contextes forestiers et ruraux, bien que les cas soient assez peu fréquents.
À lire aussi : Distinguer hantavirus, grippe et COVID-19
Hantavirus en France : souches, zones à risque et surveillance
Quelles sont les souches d’hantavirus présentes en France métropolitaine ?
Santé Publique France a identifié 3 espèces zoonotiques d’hantavirus principalement en circulation en France : Puumala, Séoul et Tula. Le tableau clinique observé est surtout celui d’une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR).
Les cas humains restent relativement peu fréquents, mais ils sont bien documentés : on compte 76 cas de FHSR confirmés en 2024, avec une moyenne de 108 cas entre 2012 et 2023.Les principaux réservoirs de ces virus sont des rongeurs sauvages, en particulier des campagnols en milieu rural et forestier.
Zones géographiques à risque et surveillance
Le risque français n’est pas le même sur tout le territoire : en métropole, Santé Publique France évoque une présence surtout marquée dans le quart nord-est, avec parfois des épidémies mineures au printemps et en été.
Concernant la surveillance épidémiologique, le Centre national de référence des hantavirus (CNR des hantavirus) suit les variations annuelles en lien avec la dynamique des populations de rongeurs, ainsi qu’à la circulation virale chez ces réservoirs. Pour bénéficier d’un diagnostic et d’un traitement adapté, consultez facilement un médecin lors d’une consultation en ligne sur Feeli
Comment se transmet le hantavirus ?
Contact avec l’urine, les selles ou la salive de rongeurs infectés
La transmission des hantavirus a principalement lieu après contact avec des rongeurs infectés ou leurs sécrétions biologiques. Pour être plus précis, les particules virales peuvent être présentes dans l’urine, les selles ou la salive de certains rongeurs sauvages, en particulier les souris et les campagnols.
Chez l’être humain, l’hantavirus se transmet essentiellement lors d’une exposition environnementale dans des lieux où ces animaux circulent, même si ce mode de contamination est rare. Il concerne surtout des personnes ayant des contacts étroits avec une personne malade, notamment dans le cas du virus des Andes.
Inhalation de poussières contaminées dans des espaces clos
Quand les personnes se trouvent dans un lieu infecté, le mode de contamination le plus fréquent est l’inhalation de particules contaminées en suspension dans l’air.
Cela peut par exemple se produire lorsqu’on balaie ou nettoie un espace fermé contenant des déjections de rongeurs : cabane, cave, grenier, garage, hangar ou local peu ventilé… D’ailleurs, les autorités sanitaires recommandent d’éviter si possible le balayage à sec dans des zones potentiellement contaminées ; ce geste peut en effet favoriser la dispersion des particules dans l’air.
Morsure de rongeur : un mode de contamination assez rare
Bien que la contamination par morsure de rongeur soit possible, cela reste beaucoup plus rare. Les principaux cas documentés sont causés par l’exposition indirecte aux déjections contaminées plutôt qu’à un contact direct avec un animal. Le virus peut également se transmettre après manipulation d’objets souillés ou contact des mains contaminées avec les muqueuses des yeux, du nez ou de la bouche.
Peut-on attraper le hantavirus auprès d’une personne malade ?
La transmission interhumaine des hantavirus reste exceptionnelle. Selon l’OMS, les hantavirus se transmettent essentiellement à l’être humain après exposition à des rongeurs infectés ou à leurs sécrétions, et non d’une personne à l’autre. À ce jour, le seul hantavirus connu pour être capable de se transmettre entre humains est le virus des Andes, principalement présent en Amérique du Sud.
L’OMS précise que ce mode de contamination reste rare et survient surtout dans des environnements confinés ou mal ventilés. Cela peut concerner des lieux ou des contextes favorisant des contacts étroits et prolongés, notamment au sein d’un foyer ou entre partenaires proches.
En résumé, l’actualité récente autour du navire MV Hondius a remis cette question à l’ordre du jour car ce cluster était précisément dû au virus des Andes. Pour autant, les autorités sanitaires se veulent confiantes et rappellent qu’il ne s’agit pas d’un virus à transmission respiratoire comparable au COVID-19 ou à la grippe.
Quels sont les symptômes de l’hantavirus ?
Les symptômes d’une infection à hantavirus débutent souvent de manière peu spécifique ; ils peuvent facilement être confondus avec ceux d’un COVID-19, d’une grippe, ou autres infections virales.
Symptômes précoces : fièvre, maux de tête, fatigue et douleurs musculaires
Les premiers signes d’une infection à hantavirus débutent généralement de façon brutale avec :
- une fièvre élevée ;
- des maux de tête ;
- une fatigue importante ;
- des douleurs musculaires (myalgies), surtout au niveau du dos et des jambes.
Certains patients peuvent également décrire des frissons ou une sensation de malaise général dans les premiers jours de l’infection. Si vous présentez ce type de signes, consultez facilement un médecin sans rendez-vous sur Feeli.
À lire aussi : Courbatures et douleurs musculaires
Signes digestifs : nausées, douleurs abdominales et vomissements
Des troubles digestifs peuvent également apparaître rapidement, notamment :
- des nausées ;
- des douleurs abdominales ;
- des vomissements ;
- plus rarement, une diarrhée.
Ces signes ne sont pas spécialement spécifiques des hantavirus, ce qui peut contribuer à retarder le diagnostic. Dans le doute, une téléconsultation avec un médecin est possible en moins de 2 heures sur Feeli.
Quand la forme s’aggrave : atteinte respiratoire ou rénale
Dans les formes les plus sévères, l’infection peut évoluer vers des complications :
- atteinte respiratoire, avec toux, essoufflement et détresse pulmonaire ;
- ou atteinte rénale, avec baisse de la fonction des reins, hypotension ou troubles urinaires.
La gravité dépend du profil personnel du patient et de la souche virale responsable.
Délai d’apparition après exposition
D’après l’OMS, les premiers symptômes apparaissent habituellement entre 1 et 8 semaines après l’exposition à des rongeurs infectés (ou à leurs déjections).
Existe-t-il un traitement, un vaccin ou un test contre l’hantavirus ?
À ce jour, il n’existe aucun traitement spécifique, ni traitement antiviral validé, ni vaccin autorisé en UE contre l’hantavirus. La prise en charge repose donc sur le traitement des symptômes, avec une surveillance médicale rapprochée. Le recours à la ventilation assistée peut être nécessaire, ainsi que la correction des troubles hémodynamiques.
Dans les formes les plus graves, une prise en charge dans une unité de soins intensifs est possible. Dans tous les cas, une prise en charge précoce améliore le pronostic, car l’évolution de l’infection peut être brutale lorsque l’atteinte pulmonaire s’installe.
Concernant le diagnostic, ils reposent sur des examens en laboratoire, le plus souvent une sérologie et/ou un PCR. Il n’existe aucun autotest grand public. En pratique, tout patient présentant des symptômes après une possible exposition à des rongeurs sauvages doit consulter rapidement. En clair, l’enjeu principal est le repérage précoce des signes d’alerte, puisqu’il n’existe pas de traitement curatif spécifique.
Comment soigner l’hantavirus ?
Le traitement de l’hantavirus est avant tout symptomatique et de support. Les traitements peuvent inclure :
- une hydratation adaptée ;
- la surveillance de la fonction rénale et de la tension artérielle ;
- une oxygénothérapie en cas d’atteinte respiratoire ;
- ainsi qu’une surveillance hospitalière rapprochée selon la sévérité des symptômes.
Les médecins soulignent l’importance d’une prise en charge rapide en cas de signes respiratoires ou rénaux. Une hospitalisation peut être nécessaire dans les formes modérées à sévères.
Formes sévères : ventilation assistée ou dialyse selon le diagnostic
Certaines formes graves ou certaines urgences médicales peuvent nécessiter une prise en charge en soins intensifs. Les patients souffrant d’une détresse respiratoire sévère peuvent avoir besoin d’une ventilation assistée, tandis que les formes avec insuffisance rénale peuvent nécessiter une dialyse temporaire.
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